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- Ducati 1200 V4 -


Italie


1964

DUCATI


1200 cc

V4 Ap0ll0 


Grand tourisme

(Prototype)



20 ans avant les Japonais!

La conquête du V4 chez Ducati, n’a pas commencé comme certain pourraient le penser, en 2002.

À la sortie de la deuxième guerre mondiale, Ducati n’avait à son catalogue que des 200cc comme haut de gamme.

En 1948, le futur directeur technique de la marque, Mr Fabio TAGLIONI réalisa un projet de fin d’étude portant sur la réalisation d’un moteur 250cc à 4 cylindres en V.

Ce ne sera qu’en 1958 que la marque produira le 4 cylindre, cette fois-ci, en ligne. Le plus petit de son époque.

Un 125cc qui ne couru jamais sous les couleurs de Ducati. En effet c’est en 1965 que ce petit 4 pat’ couru sous la marque Espagnole Mototrans, alors filiale de Ducati.

Ducati 125cc 4 Cylindre  exposée au musé Morbidelli de Pesaro (Italie) 

Une idée folle pour un spécialiste de petite cylindrée.

L’idée de créer la plus grosse moto jamais produite ne viendra ni de Giuseppe MONTANO alors directeur général de Ducati, ni de Fabio TAGLIONI.

Cette idée folle, pour l’époque (1959) et surtout pour un fabricant spécialisé dans des productions n’excédant pas 200 cc, viendra du pays de l’oncle SAM.

Tout part de Joe BERLINER, seul importateur officiel Ducati aux Etats Unis qui envisage d’équiper la police américaine soumise aux lois anti-trust, l’imposant à considérer d’autres alternatives que Harley Davidson, seule marque de moto encore produite aux États-Unis. Le cahier des charges stipule que pour être éligible, la cylindrée de la moto ne doit pas être inferieure à 1 200 cm3 et la dimension des pneus doit être de 5,00 x 16’’.

L’Apollo, nom donné pour célébrer en quelque sorte les fastes aéronautiques de cette course pour la conquête de l’espace entre les Russes et les Américains, se hissera donc au dessus de la production Américaine grâce à sa cylindrée de 1257cc. Le projet est en partie financé par BERLINER ce qui lui permet de dicter ses conditions.

Un V4 surpuissant!

En se calant sur la technologie éprouvée des gros V8 automobiles Américain, Taglioni choisi pour ce V4, une distribution à soupapes culbutées depuis un seul arbre à came situé entre les cylindres avant et les cylindre arrière. Un choix de simplicité certainement dans le but de limiter les risques et les coûts de développement et de production. La première moto développée en deux ans est prête dès 1963.

Elle affiche alors des performances d’un autre monde pour cette époque. Imaginez 100Cv, 270Kg pour 210 Km sur des pneus de l’époque!

Puis une deuxième et dernière moto suivra. Pour réduire la puissance de 100 à 80Cv elle sera équipée elle, de seulement 2 carburateurs, contrairement à la moto de 100Cv qui possédait 1 carburateur par cylindre.

Moteur V4 Apollo 1257cc exposé au musée Ducati de Bologne. (Italie)

La fin d'un rêve...

Malgré les efforts de Pirelli à développer des pneus spéciaux pour ce monstre, le résultat resta le même. Une moto trop en avance sur la technologie pneumatique !

Il se dit même qu’il était impossible de trouver des matériaux susceptibles de résister aux sollicitations de ce moteur V4 (ou plutôt L4).

Franco FARMES ex-pilote Ducati mais surtout mécanicien et pilote d’essai de la marque fit un commentaire pour le moins décapant.

"J’ai eu l’impression de conduire un camion. Ca ne m’a pas plu !"

La décision fut alors prise de réduire la puissance de 80CV à 65Cv, de manière à rendre le monstre plus adapté à la route, mais rien n’y changeait.

Malgré tant d’effort de la part de Ducati et Pirelli, les responsables du financement à Rome, décidèrent qu’il n’était pas raisonnable d’investir autant d’argent pour les simples besoins de la police Américaine.

Ce fut donc la fin d’un grand rêve inachevé.

En toute Ducati aujourd’hui sommeille une Apollo.

En effet, des 1968, Fabio TAGLIONI, persuadé de pouvoir tirer quelque chose de ce projet prématurément avorté, décida de se remettre au boulot.

En coupant en quelques sorte ce monstrueux moteur dans le sens de la longueur, il développa le premier d’une longue et même très longue ligné de V2 Ducati.

La 500 GP était née des cendres de l’Apollo. Une moto de course équipée donc du premier bicylindre en L de la marque avec cette fois une distribution à couple conique et un rappel des soupapes par ressort (pas encore de Desmodromique…).

Ducati restera très longtemps fidèle à cette architecture. Aujourd’hui encore coule le sang de l’Apollo dans nos Ducat’ actuelles.

On pourrait même imaginer des traces de son ADN dans les moteurs des performantes Demosedici de Grand Prix.

Ducati Desmosedici de MotoGP. 

Place au rêve et au mystère.

Sur cette célèbre photo nous pouvons voir Giuseppe MONTANO et Fabio TAGLIONI remettant l’Apollo à Joe BERLINER. Ce sera malheureusement peut être la dernière fois que Fabio verra son bébé, puisque cette version Gold spécial US ne remettra jamais plus une roue sur le vieux continent, et à ce jour, personne n’est capable de dire ce qu’est devenue cette moto. Peut être détruite, conservée jalousement par un collectionneur anonyme ou plus mystiquement abandonnée dans un vieux hangar, une vielle grange ou utilisée pour caller une rangée de bois de cheminé…

Quant à la deuxième version noir et Argent, elle restera inutilisée jusqu’en 1984. Année où la société Berliner Motor Company sera rachetée par Domiracing Ltd. Cette même société qui la cèdera dans la même année à un collectionneur Japonais.

En 2000 elle sera récupérée par le musé Ducati et sera remise en état d’origine en 2001.

Cette moto pourrait bien être la seule et unique Ducati Apollo au monde…

Sauf !!

Si un jour un chanceux retrouvait dans une remise outre Atlantique, la version Gold...

Giuseppe MONTANO remettant l'Apollo version US (et 100 Cv) à Joe BERLINER, acompagné de Fabio TAGLIONI une main sur la selle.


Caractéristiques de la moto Ducati 1200 V4 Apollo.

  •  4 cylindres 4t en V (90º) refroidi par air de 1257 cm3 (84,5 x 56 mm)
  •  4 carburateurs (puis 2 sur la version 65 et 56Cv)
  •  Soupapes culbutées avec un arbre à came entre les cylindres Av et Ar.
  •  Démarreur électrique et kick
  •  100 ch / 7000 tr/mn
  •  Boite 5 vitesses.
  •  Cadre double berceau.
  •  Pas de suspension arrière
  •  Suspension avant fourche « Castle » à roue poussée
  •  Freins à tambour
  •  Pneus Pirelli de 5,00 x 16’’
  •  270kg
  •  210 km/h.

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